Je voudrai ici vous faire part un peu de mon vécu, que ce soit dans mon couple ou en observant d'autres couples.
Je me demande depuis quelques temps d'où vient cette colère en moi.
Je lui ai trouvé une origine grâce au livre de Philippe Brenot "les violences ordinaires des hommes envers les femmes".
Philippe Brenot y décrit très bien toutes ces formes de violences ordinaires que j'ai observées et vécues au quotidien. Cette violence ne laisse que des traces invisibles. Qu'elle soit commise par les mots ou le silence, les gestes ou leur absence, la négligence, l'immobilisme ou même par le désir, toutes ces formes sont sournoises et dans tous les cas inacceptables.
Toutes ces violences induisent une peur qui empêche de réagir. La paralysie est aussi due à notre entourage, qui donne l'illusion que ce que l'on vit est normal. Pourquoi se plaindre dans ce cas ? |
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Je me suis installée en couple, à la fin de mes études, avec mon compagnon rencontré 2 ans auparavant. Anesthésiée par une enfance et une adolescence difficile, j'ai alors reproduit ce que j'avais appris à travers mes parents.
La première des violences de mon compagnon est arrivée par les mots. Mon compagnon a commencé par me dire que je ne cuisinais pas comme sa mère, que la danse que je faisais était nulle, que j'avais encore acheté les mêmes légumes que la semaine dernière... Et de nombreuses autres remarques dévalorisantes sur ce que je faisais, ce que j'aimais, ce que j'étais.
Puis nous sommes passé à relation vide d'échange. Mon compagnon s'est alors réfugié dans les jeux vidéos en ligne . Il est devenu totalement absent et aucune forme de dialogue n'était possible.
Pendant tout ce temps, j'ai assuré les taches domestiques, courses, ménage, cuisine, administratif...
Parallèlement à cela, mon compagnon a continué, bien sûr, à avoir des désirs sexuels que j'ai acceptés sans vraiment me poser de questions. Nous étions entrés dans une routine un soir sur deux. Après quelques temps, j'ai réalisé que la situation n'était pas telle que je la souhaitais. Nos relations se sont alors espacées. Ce qui est devenu trop peu pour mon compagnon. Je refusais souvent. Puis un jour, le désir est devenu plus grand et surement incontrôlable. C'est alors qu'il a pris le droit d'abuser de moi. Cela s'appelle un
VIOL.
Cette violence a été celle qui a permis d'amorcer le dialogue entre nous, de prendre conscience de toutes ces violences.
Cette prise de conscience a été primordiale pour la suite de notre couple. Maintenant, nous nous attachons à faire passer des messages sur toutes ces
VIOLENCES ORDINAIRES.