mardi 30 juillet 2013

Tu fais un métier d'homme !!!

http://www2.univ-paris8.fr/RING/
Cette réponse m'a été apportée par une membre de ma famille de 10 ans de moins que moi. Je dois dire que je l'ai reçu un peu comme un coup de poing.

Il est vrai que je travaille dans un milieu très masculin. Mes collègues et l'équipe d'encadrement sont exclusivement masculins mais l'équipe de production que je manage sur le terrain est composée d'environ 35 femmes sur 100 personnes.
Certes le nombre de femmes (6.5 %) dans mon école d'ingenieur généraliste ne pouvait que me laisser penser à une situation similaire dans le monde du travail.
Encore beaucoup de stéréotypes sont à faire tomber.

N'oublions pas que les jouets pour enfants nous conditionnent dès le départ à nous ranger dans la bonne case. Tu es une fille, te voila une poupée et tu pourras faire comme maman. Il y encore de nombreux clichés dont notre société doit prendre conscience.

A chaque choix d'orientation, on m'a rappelé que j'étais une fille et que j'allais me retrouver avec des garçons. Là encore le monde de l'enseignement véhicule des clichés d'un autre temps.

Enfin dans le monde de l'entreprise, il faut montrer ses compétences en permanence. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Mais je ne souhaite pas changer de métier. J'essaie plutôt de faire changer les mentalités. Pas toujours facile mais tellement important.

lundi 29 juillet 2013

Messieurs, réveillez vous !

Je voudrai ici vous faire part un peu de mon vécu, que ce soit dans mon couple ou en observant d'autres couples.
Je me demande depuis quelques temps d'où vient cette colère en moi.
Je lui ai trouvé une origine grâce au livre de Philippe Brenot "les violences ordinaires des hommes envers les femmes".

Philippe Brenot y décrit très bien toutes ces formes de violences ordinaires que j'ai observées et vécues au quotidien. Cette violence ne laisse que des traces invisibles. Qu'elle soit commise par les mots ou le silence, les gestes ou leur absence, la négligence, l'immobilisme ou même par le désir, toutes ces formes sont sournoises et dans tous les cas inacceptables.

Toutes ces violences induisent une peur qui empêche de réagir. La paralysie est aussi due à notre entourage, qui donne l'illusion que ce que l'on vit est normal. Pourquoi se plaindre dans ce cas ?
Les Violences ordinaires des hommes envers les femmes
Je me suis installée en couple, à la fin de mes études, avec mon compagnon rencontré 2 ans auparavant. Anesthésiée par une enfance et une adolescence difficile, j'ai alors reproduit ce que j'avais appris à travers mes parents.

La première des violences de mon compagnon est arrivée par les mots. Mon compagnon a commencé par me dire que je ne cuisinais pas comme sa mère, que la danse que je faisais était nulle, que j'avais encore acheté les mêmes légumes que la semaine dernière... Et de nombreuses autres remarques dévalorisantes sur ce que je faisais, ce que j'aimais, ce que j'étais.

Puis nous sommes passé à relation vide d'échange. Mon compagnon s'est alors réfugié dans les jeux vidéos en ligne . Il est devenu totalement absent et aucune forme de dialogue n'était possible.
Pendant tout ce temps, j'ai assuré les taches domestiques, courses, ménage, cuisine, administratif...

Parallèlement à cela, mon compagnon a continué, bien sûr, à avoir des désirs sexuels que j'ai acceptés sans vraiment me poser de questions. Nous étions entrés dans une routine un soir sur deux. Après quelques temps, j'ai réalisé que la situation n'était pas telle que je la souhaitais. Nos relations se sont alors espacées. Ce qui est devenu trop peu pour mon compagnon. Je refusais souvent. Puis un jour, le désir est devenu plus grand et surement incontrôlable. C'est alors qu'il a pris le droit d'abuser de moi. Cela s'appelle un VIOL.

Cette violence a été celle qui a permis d'amorcer le dialogue entre nous, de prendre conscience de toutes ces violences.

Cette prise de conscience a été primordiale pour la suite de notre couple. Maintenant, nous nous attachons à faire passer des messages sur toutes ces VIOLENCES ORDINAIRES.

dimanche 21 juillet 2013

Le psy, c'est pour les fous !!!

Voici une idée reçue très largement véhiculée par notre environnement proche et les medias.
Ce billet pourrait faire suite à celui concernant la maltraitance psychologique.

Je trouve que la profession et ses différentes spécialités, souffrent de plusieurs clichés dont celui de dire que seuls les fous doivent consulter. Si je vais voir un psy, c'est que je suis folle.
Pourtant, en matière de prise charge de traumatisme, les psys sont indispensables et le plus tôt possible.

Les sujets sur les violences envers les enfants, les violences conjugales, les violences envers les femmes ou les violences de manière plus générale prennent de plus en plus en place dans les medias et pas toujours de manière réaliste.
J'ai pas besoin d'y aller, j'suis pas fou ! - Extrait du guide "J'ai des soucis dans la tête..."
Une prise en charge des victimes de traumatisme est pourtant essentielle à plusieurs point de vue.
Pour la victime elle même bien sûr et l'aider à vivre de nouveau comme cela aurait dû être.
Mais aussi pour l'entourage de la victime qui va souffrir aussi, le plus souvent sans comprendre ce qui ce passe.
Egalement pour la société, je parle ici d'un point de vue plus économique où une prise en charge inadaptée voire aucune prise en charge entraîne un surcoût en soin et en arrêt maladie.

Voila un billet qui mérite d'être largement plus développé mais que je voulais déjà partager.

mercredi 17 juillet 2013

Maltraitance psychologique, ça existe ?

Je répondrais ET OUI ça existe.
Pourtant, je me suis longtemps posée la question.

Et puis les évènements ont fini par se ranger dans mon esprit.

"Ta copine aide sa mère beaucoup plus que toi"

"Ta copine n'a pas cela, tu n'en as pas besoin"

"Tu ne m'aides jamais"

"Tu es vraiment bonne à rien"

"Tu n'y arriveras jamais"

"Tu n'es pas assez forte"

La liste des brimades est longue et surtout répétée.
Je dirais qu'à partir de là commence la violence psychologique.

L'autre partie, difficile à vivre c'est le consentement tacite de l'entourage proche et des institutions, quand ce ne sont pas eux-mêmes qui pratiquent aussi cette forme de violence.

Je me suis sentie alors très seule et j'ai appris à vivre, pendant mon enfance et mon adolescence, avec ce mode de pensée. Tout ce temps, je me répétais que ce que je faisais, je le faisais pour moi et pour échapper le plus vite possible à cette environnement malsain.

J'ai alors appris à m'adapter à la psychologie de mes parents et surtout de ma mère.
J'ai aussi essayé de construire le maximum d'estime de moi que je pouvais. Pourtant le résultat est décevant mais tellement previsible avec le recul.

Je ne m'étendrai pas plus sur mon propre vécu dans ce billet.

Je voudrai surtout tirer une sonnette d'alarme pour que chacun d'entre nous prenne conscience de la situation et des conséquences lourdes que peuvent engendrer ces environnements familiaux difficiles. Pourtant, dans l'inconscient collectif, la sphère familiale est un lieu sécurisant, de protection.

Je voudrai également vous orienter vers ce site pour sa clareté et les informations precieuses qu'il peut apporter :

http://memoiretraumatique.org/